Question vide

Fatigué ? Débordé ? Les deux et plus si affinité ?

Alors vous avez déjà connu le phénomène de la tête vide : Vous ne retrouvez plus un nom, un mot pourtant simple et courant. Vous cherchez et ça tourne à vide…

Vous vous sentez vulnérable.

C’est donc dans ces moments-là que votre esprit est fragile, à la merci de tout et de n’importe quoi. Notamment de cet air qui passe à la radio et qui vous entêtera toute la journée. Impossible de vous en défaire ! Finalement le vide de la tête n’était pas si mauvais.

Miracle ! Votre agenda vient de s’alléger grâce à l’action combinée de quelques rendez-vous qui se reportent et de votre efficacité à régler les problèmes.

Las, à peine commencez-vous à savourer cet état et à faire quelques projets personnels de relâche, que tout repart de plus belle ; sur des sujets que vous n’avez généralement même pas vu venir. Le vide de votre planning aura été bien trop éphémère.

Et que dire de cette question vide d’intérêt si non de sens, digne d’un merveilleux mouvement agaçant de perpétuité : le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ?

Il y a ceux qui tentent de vous cataloguer selon votre réponse. On vous mettra chez les optimistes si vous répondez à moitié plein et l’on vous jettera chez les pessimistes si vous évoquez la moitié vide. Personnellement je n’ai jamais compris pourquoi et considère cette dichotomie comme un parti pris.

Deux moyens de bloquer ces facétieux interlocuteurs :

-Répondre que le verre est plein et qu’il ne peut en être autrement. Deux fluides se partagent l’espace : Le liquide au fond, l’air au-dessus.

– Objecter qu’il est à moitié plein de vide.

Retournez la situation est demande lequel des deux fluides considérés est le plus important en quantité, le liquide ou l’air ? La seconde sans hésiter. Elle enveloppe tout ce qui se trouve dans l’atmosphère et pèse quelques tonnes sur nos épaules. Le liquide dans ce fichu verre ne représente finalement que peu de chose.

Attention à ne pas tomber sur un érudit. Il risque de vous poser la question fatidique « mais quel verre ? ». La bouche bée vous guette ainsi que de sombrer dans un grand moment de solitude, un désert de réponse, le vide.

A la question le vide existe-t-il vraiment, les démonstrations ci-dessus appuyées par le dicton « la nature a horreur du vide » tendent vers la négative.

Et l’entreprise dans tout cela ?

Le vide n’existe pas plus dans l’entreprise qu’ailleurs.

L’espace nous manque c’est chronique.

Plus c’est grand, plus vite on remplit. Tout ce qui est stocké n’est pas judicieux ni nécessaire mais chaque chose trouve toujours grâce à nos yeux d’une façon ou d’une autre. Le plus pernicieux est le fameux « je le garde, au cas où ». Et l’on sait par expérience que jamais on ne retrouvera ledit objet sauf quand on en aura plus besoin.

Heureusement Einstein arrive à notre rescousse, se pose en arbitre incontesté et incontestable : « si la vue d’un bureau encombré évoque un esprit encombré, alors que penser de celle d’un bureau vide » ? Sauvé !

Notre planning, notre organisation souffre.

Pourtant au démarrage, tout était pensé, calculé, organisé.

Une première exception a vu le jour, mais la cause était si non noble, impérative pour des questions de survie. Et une seconde est arrivée. Une petite, rien de bien méchant et puis en fait, elle simplifie les choses. En peu de temps les exceptions sont devenues la règle, solutions rapides et faciles à des questions récurrentes qui auraient nécessité un peu de réflexion, donc de temps, que l’on n’a jamais.

On peaufine ces exceptions et l’on remplit son panier des occupations. On est débordé car on n’a plus un moment de libre, pas de vide, rien.

Le catalogue des produits et services fait la fierté de l’entreprise.

Rien ne manque dans la proposition de valeurs. Le moindre petit trou a été comblé. Ce n’est plus un filet dans lequel on recueille le client, c’est un bunker contre lequel il se fracasse. Les propositions (toutes honnêtes) qui se superposent, se chevauchent et deviennent illisibles. Mais heureusement il n’y a pas de vide dans l’offre !

 

 

Bref, tout est plein, rentabilisé, à fond.

C’est une entreprise sérieuse ici. Il n’y a pas de place pour le vide. Circulez il n’y a rien à voir !

 

Mais au fait, le client, vous le mettez où ?

Et si nous profitions du printemps pour faire un peu  le ménage, aérer et redynamiser le tout ?

Arnaud BISIG

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P.S. : Avec Cubeflight, ne soyez plus poussé par le quotidien mais aspiré par l’avenir.

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