La théorie du lierre

Avez-vous passé de bonnes vacances ?

Nous l’espérons car ce moment loin d’être improductif est nécessaire, vital.

La preuve est vite faite lorsque l’on sait qu’au quotidien notre capacité de concentration maximale se limite à une dizaine de minutes par heure.

Cela est pour le lambda. Le chef d’entreprise lui, on le sait, est un super-héros, sans peur, sans reproche, sans fatigue.

Les vacances donc permettent de rompre avec la folie monotone de l’activité professionnelle. C’est une source de respiration, d’inspiration et de découverte. Par exemple, parfois on découvre que l’on a une famille, des amis autour de soi.

La quasi rupture du réseau mobile (« ça capte ! Ça capte plus…ça capte ! Finalement non… »), agaçante de prime abord, oblige à cette déconnexion et à s’ouvrir vers d’autres horizons.

 

Génèse de la théorie du lierre

C’est ainsi que nous nous retrouvons à défricher un mur qui avait disparu sous quelques dizaines d’années de végétation.

Quoi de passionnant dans cette aventure ? Gratter, couper, arracher etc. a priori rien d’autre que des banalités.

Mais si comme Saint-Exupéry, on prend conscience de l’importance de l’instant, alors on agit autrement, non pas machinalement, mais avec sérieux et comme si chaque geste était le premier, en s’appliquant pour qu’il soit bien fait.

Cette décision de rénovation va au-delà d’une anticipation des foudres d’un voisin envahit par la végétation ou d’une marque de limite de propriété. C’est remettre à jour, préserver un ouvrage témoin du travail des anciens. C’est plonger dans un passé sans nostalgie mais avec respect.

Et que dire du plaisir de voir son travail progresser chaque jour, d’accomplir l’œuvre ?

Finalement, même en vacances, nous ne sommes jamais bien loin de la motivation première du travail bien fait.

Tout ceci est bien beau, mais c’est vite oublier le lierre, ce pernicieux végétal qui s’accroche partout, s’immisce entre les pierres, détruit le mortier et importe de la terre. Bref, sous des aspects assez esthétiques, il s’agit finalement d’un redoutable ennemi qui n’a de cesse de détruire les constructions.

 

Principe de base de la théorie du lierre

Il faut prendre le problème à bras le corps, le traiter à la racine !

Mais voilà. S’attaquer à la plus grosse branche, c’est rencontrer de grosses difficultés. Cela requiert beaucoup d’efforts pour un résultat lent à obtenir et incertain. Ça bataille le lierre !

Commençons donc par les petites branches, les petites racines, plus faciles à couper, à extraire. On compense un gros volume par une multitude de petits et sans vraiment s’en apercevoir, on dégage la grosse racine que l’on pourra arracher avec moins d’effort et plus d’efficacité.

 

Conséquence de la théorie du lierre

De ce principe de base, découle une conséquence, le chantier n’est pas linéaire.

Il y a des effets directs sur le déplacement et la vitesse du chantier.

Le lierre est une liane enchevêtrée, tarabiscotée et infiltrée. Il est impossible d’avancer pas à pas. Il faut parfois se déporter de quelques mètres pour revenir naturellement vers le nœud du problème précédent. C’est un jeu d’aller et retour qui permet d’aller de l’avant et d’achever le travail. Dans un autre registre, rappelez-vous les séances de démêlage des lignes du cerf-volant de nos chères têtes blondes…

L’enchevêtrement de la liane est tel qu’il en est désespérant au premier coup d’œil. Puis petit à petit à force de travail la situation s’éclaircie et finalement on avance, parfois plus vite qu’on ne le pense. Certaines difficultés apparentes n’en sont pas et se concluent vite, d’autres sont les exacts inverses.

 

Quid de la théorie du lierre dans nos entreprises ?

A bien y réfléchir, la théorie du lierre, se retrouvent bien dans nos entreprises.

Détecter un gros problème est une chose. S’y attaquer de front en est une autre. C’est le meilleur moyen de s’épuiser, soit devant l’ampleur de la tâche, soit en faisant face à une levée de bouclier. L’homme a horreur du changement et des remises en cause de fond.

Un gros problème existe rarement seul. Il porte avec lui une foule de petits. S’ils sont plus faciles à résoudre, il n’en demeure pas moins qu’ils peuvent être importants, impactants

Commencer par un petit problème, c’est un peu l’échauffement qui permet d’avoir un succès rapide, efficace, encourageant. Il donne envie d’en faire plus. Et comme le lierre, en accumulant la résolution de petits problèmes, on finit par traiter le gros en le déracinant profondément.

Traiter un problème après l’autre est la façon la plus rapide d’avancer. Mais il ne faut pas se focaliser sur une difficulté si l’on ne voit pas une amélioration à court terme. Passer à la suivante permet parfois de gagner doublement du temps, sur le sujet en cours et le sujet « abandonné ».

Enfin, l’amélioration, l’innovation la recherche d’idée nouvelle dans l’entreprise n’est jamais linéaire. D’abord parce que l’inspiration, l’idée n’est pas comme un robinet d’eau potable : Il ne suffit pas d’ouvrir pour que cela fonctionne. On est plus ou moins inspiré.

 

Cette théorie du lierre réunit finalement les recommandations de Saint-Exupéry et les principes de Descartes (analyser le problème et le découper en autant de problèmes plus faciles à résoudre) !

Qui a dit que les vacances étaient non productives ?!

 

Arnaud BISIG

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